Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc

2003

04-Oct-2004 - Journée d'action internationale ITE - Vallées polluées : on joue avec notre santé !

La journée d'action proposée par Initiative Transport Europe aura lieu le 4 octobre 2003. Dans tout l'arc alpin, dans les Pyrénées et dans les Vosges, des actions vont être organisées contre le trafic routier de transit, qui ne cesse d'augmenter sur les routes des montagnes d'Europe, avec des conséquences désastreuses pour la santé des personnes et l'environnement.

Les régions de montagne sont particulièrement sensibles. Du fait de la topographie et des conditions météorologiques, les pollutions atmosphériques et sonores sont de 3 à 5 fois plus élevées qu'en plaine.

Récemment dans le Tyrol autrichien plus de mille médecins ont donné l'alerte : les conséquences médicales du trafic deviennent insupportables pour les habitants vivant le long des axes de transit.

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), chaque être humain a droit au bien-être physique et psychique. Pourtant, aujourd'hui, les décideurs accordent plus d'importance à la libre circulation des marchandises qu'au droit à vivre dans un environnement sain. Il est plus que temps de diminuer les pollutions et les nuisances. Nous proposons des mesures concrètes, applicables rapidement et n'engageant aucun investissement lourd :

- l'application du principe du pollueur-payeur, par la mise en place d'une taxe sur les transports routiers en fonction du poids et des distances (type RPLP suisse), permettrait aux modes de transport respectueux de l'environnement d'être plus compétitifs et réduirait les transports inutiles (camions vides, stocks d'entreprise…)

- Le respect des normes et lois en vigueur en matière de pollution sonore et atmosphérique, en interdisant aux poids lourds de circuler la nuit dans les zones sensibles ou en prenant des mesures de gestion de la circulation (limitation de la vitesse, circulation alternée…) permettrait de diminuer significativement la pollution de l'air et de respecter le droit au sommeil des populations riveraines.

Le 4 octobre, en coordination avec les associations de toute l'Europe, nous manifesterons pour exiger que ces mesures soient appliquées dans les plus brefs délais ; nous vous donnons rendez-vous à Chamonix, au carrefour de la Vigie, à 15h00, pour une action pacifique mais déterminée.
 

26-Jul-2004 - Tour de France

A l’occasion du passage du tour de France dans le Jura, l’Association de Défense de la Vallée de la Vallière a également suspendu 2 immenses banderoles sous les arches d’un viaduc...
 

24-Jul-2004 - Banderole : pose... dépose et repose !

Le samedi 24 juillet 2004, rendez-vous avait été donné au tunnel des Chavants pour une pose "officielle" de banderole.

Nous avions choisi d'agir sans nous cacher, à visage découvert, pour exprimer notre déception et notre colère suite à l'annonce du "Plan Climat". En effet, bien que les transports soient responsables de 30% des émissions de gaz à effet de serre, aucune mesure n'a été prise pour limiter le transport routier en faveur du rail, pas plus que pour favoriser l'achat de véhicules moins polluants. Malgré la pluie, une cinquantaine de militants et sympathisants (dont plusieurs vacanciers, merci à eux) sont venus encourager les grimpeurs partis hisser une banderole de 12 mètres de long sur la paroi, au-dessus de l'entrée du tunnel. Les forces de l'ordre présentes sur place se sont contentées de relever, une fois de plus, l'identité des "responsables" de cette opération.

Cette banderole est restée en place 48 heures, avant d'être enlevée comme l'ont été les précédentes; il est manifestement des habitants de la vallée que notre combat dérange, certainement parce qu'il est mal compris. Nous n'en voulons pas directement aux chauffeurs de poids lourds, le plus souvent victimes comme nous du système et bien obligés de faire ce travail à défaut d'un autre. Nous réclamons une autre politique des transports qui serait plus respectueuse de l'environnement de tous, plus économe en énergie et créatrice d'emplois. Tous les citoyens de ce pays seraient bénéficiaires des changements pour lesquels nous nous battons. Même si cette opposition fait mal, surtout lorsqu'elle est sans visage, nos actions et notre combat continueront car nous avons la conviction de leur légitimité. Depuis longtemps, les militants avaient choisi de placer des banderoles pour exprimer cette opposition au système : il est hors de question d'y renoncer.
 

30-Déc-2003 - Signature du Protocole pour le développement durable du Site du Mont-Blanc : l'ARSMB y était... BRAVO !! mais les camions ...?

La signature du "Protocole d'accord entre l'État et les Collectivités locales pour le développement durable du Site du Mont-Blanc" a donné lieu le 30 décembre 2003 à une petite cérémonie au Château des Rubins à Sallanches, à laquelle étaient invitées diverses personnalités dont Jean-Pierre Coméliau, président de l'ARSMB, ainsi que d'autres représentants d'associations militant en faveur de l'environnement.

L'accueil a été assuré par une dizaine de "combinaisons blanches" et remarqué par tous les invités; notre action militante a été citée par les différents intervenants dont le préfet Mr Carenco.

Si ce petit pas en faveur de la protection du Mont-Blanc est encourageant, nous n'en restons pas moins vigilants quant aux avancées réelles sur plusieurs sujets, notamment le trafic des poids lourds.
 

19-Déc-2003 - Communiqué de l'ARSMB, le 19 décembre 2003, Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc

Réaction à l'annonce des décisions du CIADT au sujet des projets d'infrastructures

Le gouvernement Raffarin a annoncé, hier 18 décembre 2003, les décisions du Conseil Interministériel d'Aménagement et de Développement du Territoire (CIADT) en ce qui concerne le choix des infrastructures à construire, ainsi que leur financement.

L'ARSMB et les associations du Mont-Blanc déplorent l'absence de mesures afin de favoriser le transfert du transport de marchandises vers le rail. Aucune disposition n'a été prise afin de faire payer au transport routier les coûts qu'il engendre, alors que ces deux facteurs étaient soutenus par le rapport DATAR.

« A la lecture de la liste publiée hier, on sent la volonté du gouvernement d'augmenter les capacités ferroviaires à grande vitesse pour les voyageurs (TGV), et de continuer à faciliter la croissance du transport de marchandises par la route (projets autoroutiers). Pas de redevance kilométrique pour les poids lourds, et un TGV Lyon-Turin mentionné du bout des lèvres, sans engagement ferme en faveur du fret. Domique Bussereau, Secrétaire d'Etat aux Transports, a annoncé qu'il prévoyait le début des travaux pour 2012; il y a un an, c'est la livraison du Lyon-Turin qui était promise pour cette même date » a déclaré Jean-Pierre Comeliau, président de l'ARSMB.

Nos dirigeants ont manqué une fois de plus de courage politique. Le développement durable reste un concept utilisé dans les discours, pour rassurer l'opinion publique, mais dans les faits, les mesures prises restent à la faveur du transport routier, première cause d'émissions de gaz à effet de serre en France et, de surcroît, pour un coût exorbitant pour les contribuables qui continueront ainsi à financer ce secteur à hauteur de 60 à 70%.
 

17-Déc-2003 - Manifestation du mercredi 17 décembre

NON aux camions dans les vallées de montagne,OUI au transfert des marchandises sur le rail !

A la veille de la réunion inter-ministérielle sur l’aménagement du territoire , l'ARSMB avait appelé à un grand rassemblement au Carrefour de la Vigilance, pour rappeler à Monsieur Raffarin les belles paroles qu'il nous avait tenues en août dernier concernant la taxation des camions et son engagement sur le Lyon-Turin. Une centaine de militants avait répondu à l'appel malgré le froid, même le Père Noël s'était déplacé avec dans sa hotte de jolis cadeaux pour nos décideurs. Notre objectif était de bloquer le trafic des camions et nous avons donc placé notre caravane en travers de la route d'accès au tunnel; les forces de l'ordre présentes sur place sont assez rapidement intervenues, d'ailleurs de façon fort peu cordiale, pour que nous libérions le terrain, et durant les "discussions" la caravane s'est malencontreusement renversée sur la route.

Cet incident n'a pas contribué au rétablissement rapide du trafic et, comme d'habitude, pour garantir la libre circulation des marchandises et le bon remplissage des caisses de l'ATMB, nous avons vu surgir de l'obscurité un escadron de gardes mobiles. Notre objectif n'étant pas de recevoir des coups de matraque et le rapport de force jouant très largement en notre défaveur, nous avons cédé la place et laissé ces messieurs de la maréchaussée remettre "Roseline" sur ses roues, et la noria de camions a pu reprendre son cours. Monsieur Berthier, directeur du GEIE venu prendre des photos des évènements, a reçu de la part des manifestants un accueil à la hauteur de son mépris de la sécurité et de la protection de l'environnement dans la vallée. Cette fois encore, à nos justes revendications on a répondu par la répression et la brutalité. Les alternatives que nous proposons, qui avaient été jugées réalistes et recevables par le Préfet et le Premier Ministre lors de nos entretiens, sont écartées sans même être étudiées.

Derrière les beaux discours médiatiques où le développement durable est sur toutes les lèvres, se cache la réalité du terrain qui est une file ininterrompue de camions sur les routes de France, protégée au besoin par les troupes d'élite de monsieur Sarkozy. Il ne faudra pas que celui-ci s'étonne si d'autres "débordements" surviennent dans les vallées alpines, pyrénéennes, jurassiennes ou même en plaine, l'exaspération des citoyens croissant proportionnellement au trafic des poids lourds et aux nuisances qu'ils font subir.
 

25-Nov-2003 - Fax envoyé au ministère des transports, Eurovignette

A l'attention de :
Monsieur de Robien, Ministre de l'Equipement et des transports
Monsieur Bussereau, Secrétaire d'Etat aux Transports

De : Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc, Maison de la montagne, 74400 Chamonix


Monsieur le Ministre,

La proposition de révision de la directive 1999/62 (Eurovignette), telle qu'elle a été présentée par la Commission européenne en juillet, ne résoudra aucun des problèmes posés par le transport routier (problèmes environnementaux, d'aggravation du déficit budgétaire et de favorisation de la délocalisation de la production).

Le besoin, énoncé à maintes reprises tant au niveau national qu'européen, de rétablir la vérité des coûts entre les modes de transports et de mettre en place une politique des transports durable, ne sont pas pris en compte dans la proposition actuelle.

Au contraire, cette proposition de directive injectera un financement nouveau pour les infrastructures routières et continuera à creuser le déséquilibre entre les modes de transports, au détriment du rail et des voies d'eau.

Voici les points principaux sur lesquels il est indispensable d'obtenir une évolution de cette directive :
- La redevance doit être applicable à toutes les routes européennes. La limitation actuelle au RTE n'a aucun sens, que ce soit pour les finances de notre pays ou pour la santé publique. L'Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc est signataire d'une pétition internationale pour une redevance poids lourds en fonction des kilomètres parcourus et du poids des véhicules (à limage de la RPLP suisse). 500 associations, représentant 30 millions deuropéens avaient signé cette pétition, en 1999.
- Tous les coûts externes doivent être intégrés dans le calcul de la redevance : coûts environnementaux (pollutions atmosphériques et sonores, changements climatiques), sociaux (dépenses de santé), et d'accidents.
- Les recettes provenant de cette redevance doivent, d'après cette proposition, être reversés principalement au secteur routier, secteur qui bénéficie déjà d'un financement public considérable. Le Premier Ministre, M. Raffarin, nous a confirmé, lors de notre rencontre du 12 août, que plus de 60% des coûts engendrés par le transport routier sont actuellement à la charge des contribuables. Le transport routier doit payer les coûts et les dommages qu'il cause et non pas recevoir des sources de financement supplémentaires.
- Il est proposé que la redevance bénéficie d'une majoration optionnelle de 25% supplémentaires dans les régions sensibles. Ce chiffre ne reflète pas la situation réelle, particulièrement en montagne, où les coûts externes sont jusqu'à 4 fois plus élevés qu'en plaine.


La proposition actuelle est inacceptable pour les populations des vallées de montagne concernées par le trafic international routier.

Au nom de toutes ces populations, nous comptons sur vous pour obtenir de meilleures bases pour la mise en pratique de la vérité des coûts dans le transport de marchandises, lors des négociations prochaines au sujet de la révision de la directive Eurovignette.


Veuillez agréer, Monsieur le ministre, l'assurance de notre très haute considération.
 

07-Nov-2003 - Réunion ARSMB du 7 novembre 2003, Servoz

Vendredi 7 novembre, une cinquantaine de militants s'est retrouvée à la salle des fêtes de Servoz pour faire le point sur les procédures en cours et discuter des actions à entreprendre.

Le trafic actuel de poids lourds a tout d'abord été évoqué ; nous en sommes environ à 1400 camions les jours de pointe, en milieu de semaine, donc une augmentation lente mais constante. 21% du trafic transalpin passe par le Mont-Blanc, alors que l'objectif à atteindre avait été fixé par la commission inter-gouvernementale à 35% du trafic. Des mesures seront-elles prises pour inciter les poids lourds à emprunter le Mont-Blanc ? Nous restons vigilants.

Suite à l'action du 4 octobre, nous avons actuellement 2 procédures en cours ; l'une consécutive à une plainte de la SNCF, qui aurait été amenée à couper l'alimentation du rail en raison de la présence de manifestants sur la voie ; l'autre, consécutive à une plainte du procureur, concernant la vente illégale d'autocollants et de tee-shirts sur la chaussée. Pour l'heure, d'après nos informations, l'alimentation du rail n'a jamais été coupée, les trains sont bien passés à l'heure prévue, et les associations ont le droit de vendre des articles où elles le souhaitent. Nous sommes donc plutôt sereins sur la suite des évènements.

Une très large majorité des militants a souhaité poursuivre et même renforcer les mercredis de la Vigilance. Nous continuerons donc à nous rassembler chaque mercredi à partir de 17 H 30 au rond-point de la Vigie à l'entrée de Chamonix, et demandons à tous de fournir un effort particulier pour être présent et amener du monde le 1er mercredi de chaque mois. Avec le nombre, d'autres actions pourront être entreprises.

Beaucoup ont souhaité que l'ARSMB organise prochainement une réunion publique ; ce sera fait et nous vous informerons de la date dès que possible.
 

06-Oct-2003 - Fax au Ministre des Transports

La sécurité des tunnels était à l'ordre du jour du Conseil des Ministres des Transport européens le jeudi 9 octobre. Cette directive pourrait exiger le doublement des tunnels existants, soit-disant pour des raisons de sécurité. L'ARSMB, ainsi que d'autres associations luttant comme elle contre le tout routier, ont envoyé le fax suivant au ministère des transports.

A l’attention de :
Monsieur de Robien, Ministre de l’Equipement et des Transports
Monsieur Bussereau, Secrétaire d’Etat aux Transports
De : ARSMB
Objet : proposition de directive sur la Sécurité des Tunnels

Monsieur le Ministre,

Vous allez prochainement être appelé à vous prononcer sur la proposition de directive européenne sur la sécurité des tunnels routiers.

Nous sommes globalement favorables à cette directive, mais une inquiétude profonde subsiste. Cette directive pourrait imposer, pour des raisons de sécurité nous dit-on, le doublement des tunnels routiers existants. Or, les chiffres démontrent que les tunnels bitubes ne sont en réalité pas plus sûrs que les tunnels monotubes. Une étude suisse montre même que les tunnels à deux tubes sont légèrement plus accidentogènes que les tunnels à double sens. De plus, le percement de nouveaux tunnels routiers serait contraire à tous les engagements pris par la France et l’Union Européenne en matière de développement durable et de protection de l’environnement.

Nous vous demandons d’avoir une considération favorable pour les amendements suivants :

Amendement 81 (Hannes Swoboda), qui propose des mesures de gestion du trafic, mesures beaucoup moins coûteuses que le doublement des tunnels et sans doute plus efficaces et applicables beaucoup plus rapidement.

Amendement 85 (Jan Dhaene), demandant des indicateurs de sécurité pour les tunnels.

Amendement 66 (Jan Dhaene), qui rendrait les normes de sécurité applicables à tous les tunnels des états membres.

Nous sommes fermement opposés aux amendements suivants :

Amendement 126 (Markus Ferber), qui exige la transformation des monotubes en bitubes. Le doublement des tunnels provoquerait une augmentation du trafic, particulièrement des poids lourds, et donc des risques, sur toutes les routes d’accès, sans amélioration notoire des risques à l’intérieur des tunnels.

Amendement 78 (Massimo Carraro), qui ne rendrait pas obligatoire la fermeture partielle ou totale d’un tunnel ne respectant pas les normes de sécurité.

Amendements 67, 68, 69 (Luigi Cocilovo), qui affaiblissent l’objectif de la directive, qui est d’établir des normes minimales de sécurité acceptables. Les risques disproportionnés causés par le trafic poids lourd ne sont pas reflétés à l’heure actuelle dans cette proposition de directive. Nous souhaitons donc, que soient établies pour chaque tunnel des limites maximales de circulation des poids lourds, afin d’assurer un niveau de sécurité acceptable pour tous.

En espérant que vous aurez véritablement à cœur de défendre la sécurité des usagers, lors de la séance du Conseil des Transports.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de notre très haute considération.
 

12-Sep-2003 - Augmentation du prix du gazole pour les VL mais… et les camions?

Le projet du gouvernement d'augmenter le prix du gasoil pour les véhicules légers, afin de financer le transport ferroviaire, est un petit pas dans la bonne direction. Cette décision commence à prendre en compte la nécessité absolue de privilégier les modes de transports moins polluants et plus respectueux de l'environnement et de la santé.

Cependant, ne pas augmenter le gazole des poids lourds est une dérobade inacceptable. Lorsque l'on sait que les moteurs diesels émettent 2 des polluants les plus nocifs à la santé, les particules fines et les oxydes d'azote, et que la pollution due au transport routier a tué 17.600 personnes en France en 1996 (d'après l'OMS), on est en droit de s'insurger contre la frilosité de cette mesure.

Monsieur Raffarin, n'a pas eu le courage politique d'aller jusqu'au bout de sa démarche, par peur sans doute de se mettre à dos le puissant lobby routier. Lors de notre rencontre du 12 août dernier avec le Premier Ministre, celui-ci avait pourtant reconnu que la taxation des poids lourds était la seule solution pour inciter les transporteurs à utiliser les modes alternatifs.

Par ailleurs, le transport routier ne paie pas les coûts qu'il engendre : lorsque les associations ont avancé que 60% des coûts de la route étaient à la charge des contribuables, Monsieur Raffarin avait rectifié ce chiffre à la hausse en répondant: " oui, et encore, vous êtes en delà la réalité ".

La taxation du transport routier est à l'ordre du jour, et nous espérons que lorsque le moment sera venu de prendre de véritables décisions d'avenir, le gouvernement aura cette fois-ci le courage de s'engager fermement sur la route du développement durable, car la part du transport routier dans les émissions de gaz à effet de serre, qui se situe aujourd'hui autour de 30%, ne fait qu'augmenter : les transports routiers sont responsables de 134% de la croissance des émissions nationales de CO2 (évolution constatée entre 1990 et 2001, d'après France Nature Environnement).
 

14-Aoû-2003 - Eurovignette

La commission européenne a proposé, fin juillet 2003, une simple révision de l’Eurovignette, à la place d’une véritable directive pour la taxation des poids lourds au niveau européen. Elle sera applicable uniquement aux principaux axes européens (les états membres désirant taxer les autres routes et autoroutes devront en faire la demande préalable à la commission), et les sommes dégagées devront être utilisées pour construire de nouvelles infrastructures, principalement routières!

Certains observateurs pensent qu’il s’agit en réalité d’une mesure pour favoriser les grosses entreprises de transport, car cette taxation éliminera de nombreux petits transporteurs et elle assurera la construction de nouvelles infrastructures pour les autres. Pas étonnant que la commission fasse une telle proposition en plein été, afin sans doute de limiter la réaction des associations et ONG. Le conseil des transports se réunira le 9 octobre 2003 pour parler de cette proposition.

L’opposition des associations devra s’exprimer fermement avant cette date.
 

12-Aoû-2003 - Les associations du Mont-Blanc reçues par Jean-Pierre Raffarin

Le Premier Ministre, en vacances à Combloux (74), a reçu les associations du Mont-Blanc pendant plus d’1h30, le 12 août 2003. 3 présidents d’associations (ARSMB, CPVH, ABS), accompagnés de 2 guides, ont pu dialoguer avec le Premier Ministre, qui a été très attentif, a pris des notes et a posé des questions, entre autres au sujet des spécificités des vallées de montagne face aux pollutions atmosphériques et sonores.

Les associations ont parlé de l’exaspération des populations devant l’accroissement du transport routier partout en France, et de la nécessité d’agir à court terme pour limiter les nuisances: par la gestion du trafic, avec interdiction aux poids lourds de rouler la nuit en montagne si les seuils de pollution sont dépassés, la taxation du transport routier et un contrôle plus sévère des poids lourds avant le passage des tunnels alpins.

Une lettre a été remise au Premier Ministre pour confirmer par écrit ces demandes, ainsi qu’une copie du film “TIR-toi du Mont-Blanc”. M. Raffarin est conscient que la taxation des poids lourds est indispensable pour diminuer le trafic routier et a affirmé qu’une loi était en projet, en France, afin de fiscaliser les transports internationaux, avec des aménagements pour ne pas pénaliser les petits transporteurs français. Il estime également que les chiffres de pollution donnés par les organismes officiels doivent être vérifiés par les associations.

Espérons que cet entretien portera ses fruits lorsqu’à l’avenir des décisions importantes devront être prises au sujet des transports.

Anne Lassman Secrétaire CPVH
 

30-Mai-2003 - Opération 6/10 suite...

L'opération 6/10 est terminée, merci à tous ceux qui y ont participé. Les sommes récoltées ont permi à Bruno Rebelle et Eric Lanoé, ainsi que le jugement du tribunal d'Albertville les y contraignait, de payer le dédomagement dû aux sociétés d'autoroute pour le manque à gagner occasionné par la manifestation d'octobre 2001 en Maurienne.

Nous invitons tous ceux qui ont découvert à cette occasion qu'il est parfois possible d'utiliser les routes nationales à ne pas perdre cette bonne habitude....
 

13-Mai-2003 - Réunion ARSMB du 13 mai 2003

Le mardi 13 mai 2003, l'ARSMB réunissait ses militants les afin de faire le point sur ses objectifs et de préparer la grande manifestation du 29 mai. Environ 80 personnes ont répondu à cette invitation.

Le débat a été ouvert après l'exposé des objectifs par Jean-Pierre Coméliau. Certains militants ont exprimé leur souhait de voir l'ARSMB se concentrer sur les problèmes locaux, soulignant que ce n'est pas notre rôle de proposer des alternatives à l'Etat. D'autres pensent qu'il n'est pas incompatible de travailler sur le plan local comme sur le plan global, et que ces deux notions sont même indissociables.

Le programme de la manifestation du 29 mai a été présenté, ainsi que la logistique de son organisation. Des militants ont fait part de leur étonnement quand au choix du site d'arrivée de la manifestation et auraient préféré se diriger vers le tunnel. Il a été rappelé que cette décision a été prise pour éviter une rencontre et d'éventuelles confrontation avec les forces de l'ordre. De plus, le souhait des organisateurs reste que cet démonstration soit pacifique et non violente, et qu'elle ne dégénère pas.

Cette soirée s'est terminée par la distribution des affiches, après que les diverses tâches aient été réparties pour l'organisation de ce prochain grand rendez-vous militant.
 

10-Mai-2003 - Lettre ouverte à tous les membres de l'A.R.S.M.B. et des autres Associations , par Jean-Pierre Comeliau, Président

Au nom de la nouvelle équipe de l'A.R.S.M.B., je voudrais vous exposer les objectifs et l'esprit dans lequel nous désirons travailler dans les mois qui viennent.

1. L'esprit de l'équipe est la collégialité.

Toutes les décisions seront prises en commun au sein de son conseil d'administration, et le plus souvent possible, après concertation avec les membres de l'association. Concertation également et collaboration beaucoup plus étroite avec les associations locales (Servoz, Passy, Les Houches), les élus locaux, la Compagnie des Guides, l'E.S.F., l'E.N.S.A., le Club Alpin, mais aussi, les grosses associations : Greenpeace, Mountain Wilderness, Pro-Mont-Blanc, WWF., F.N.E. , etc…

- Oui, reprendre l'A.R.S.M.B. après George UNIA et Jean-Paul TRICHET, va être difficile ! Mais continuer leur action est la meilleure façon de les remercier pour tout ce qu'ils ont fait.

- Oui, le contexte actuel est peut-être décourageant : le mépris des Pouvoirs Publics envers la population et cet apparent " retour à la case départ " peuvent en démotiver certains. Mais notre nouvelle équipe veut relever ce défi, et re-dynamiser le combat. Car tout n'est pas négatif, loin de là : notre lutte ici au Mont-Blanc, a provoqué une prise de conscience et a lancé le débat sur la politique des transports .

2. Les objectifs .

Nous resterons vigilants sur la sécurité dans le tunnel et sur la route d'accès qui nous concerne tous. Mais l'objectif principal de notre association, sera l'environnement, c'est à dire le fondement même de notre association : le respect du site ! Et l'environnement au sens large du terme :

- C'est dire NON au passage des camions dans notre vallée, bien sûr, mais également diminuer le fret routier sur tout le réseau français. C'est donc vouloir une autre politique des transports, en développant le fret ferroviaire, fluvial et maritime .

- C'est dire NON à la pollution atmosphérique et sonore : les camions, mais aussi les voitures (trop nombreuses notre vallée), les modes de chauffage, etc…

- C'est dire NON au risque certain, qu'un jour, on nous imposera ( plus vite qu'on ne le croit) le 2ème tube au Mont-Blanc…

- C'est exiger de l'État l'exploitation des alternatives existantes, l'application des réglementations en cours, et l'imposition d'une taxe sur le fret routier pour transporter mieux et moins.

- C'est aussi changer nos comportements individuels en étant attentif à toutes les nuisances envers autrui. Pour atteindre ces objectifs, il faudra désormais être beaucoup plus ferme dans notre attitude et dans notre langage. Plus ferme ne veut pas dire violent. Mais la pression doit être plus forte, pour un dialogue plus équilibré.

3. Les projets.

Dans l'immédiat, nous organisons, à l'occasion du G8 , une manifestation écologique et festive, par une montée en vélo, à pieds ou en rollers, entre le Fayet et Chamonix, le 29 mai prochain (jour de l'Ascension). Elle sera même considérée comme la première des manifestations des altermondialistes. Car le message que l'A.R.S.M.B. veut faire passer ce jour là est simple, et dans la droite ligne de ses objectifs : nous voulons que l'environnement et l'avis des populations, soient pris en compte dans les décisions politiques à tous les niveaux ! Or, seuls " la rentabilité et le profit " semblent être les critères de décision parmi les 8 dirigeants les plus puissants de la planète, mondialisation néo-libérale oblige ! Et l'attitude de la France en matière de transports, et particulièrement dans le problème du tunnel du Mont-Blanc, en est , hélas, la parfaite illustration. !…

Venez donc très nombreux avec famille et amis. L'enjeu est de taille ! Le combat de notre association , ici au Mont-Blanc, est devenu symbolique. Un jour, tout le réseau routier français et toutes les vallées des Alpes et des Pyrénées, bénéficieront de l'action que l'A.R.S.M.B. et beaucoup d'autres associations mènent aujourd'hui. Nous sommes donc loin d'un combat égoïste et local car pour nous, il ne s'agit plus seulement de défendre la vallée de Chamonix : il s'agit de la protection de l'homme et de la nature au niveau national et européen !

Pour l'A.R.S.M.B. J.P. Comeliau, Président. le 10 mai 2003.
 

01-Mai-2003 - Opération 6/10

Le 6 octobre 2001, à l’occasion de la journée internationale des transports (ITE), nous avions organisé avec plus de 25 associations ou ONG une manifestation dans la vallée de La Maurienne. L’objectif était de dénoncer l’absurdité du tout routier, d’exiger une autre politique des transports, plus respectueuse de l’environnement et des populations. Nous avions organisé des rencontres, des échanges en vidéo conférence avec les Pyrénées et un point presse. L’après-midi nous avions bloqué la nationale N6 et l’autoroute A43 pendant près de 2 heures pour être entendus (et permettre à la résonance médiatique de faire son effet à plus grande échelle).

Le message est passé, mais la Société Française du Tunnel Routier du Fréjus (S.F.T.R.F) a déposé une plainte contre les personnes d’Eric LANOE (alors président de Réagir) et de Bruno REBELLE (directeur de Greenpeace France). Motifs : entrave à la circulation (manque à gagner) et frais de personnel (pour redresser le grillage). Le jugement rendu par le tribunal d’Albertville a condamné nos deux collègues à verser 3450 euros à la SFTRF avant le 23 juin 2003 pour être dispensés de peine ! ! ! Devant cette attaque du Pôle Multimodal Alpin (SFTRF, AREA, ATMB), nous devons être solidaires (comme le suggérait le procureur) pour le règlement de cette somme. Aussi nous vous proposons de participer à l’opération 6/10 : dans les semaines à venir, vous limitez vos déplacements sur le réseau autoroutier alpin (SFTRF, AREA, ATMB), en utilisant à chaque fois que c’est possible les routes secondaires parallèles. Dès que vous économisez 10€ vous reversez 6€ à l’ordre de l'ARSMB (opération 6/10) et vous conservez 4€ pour votre engagement. Nous arrêterons l’opération dès que nous aurons perçu la somme de 2525€ . D’avance merci pour votre solidarité et dîtes le autour de vous.

Un exemple: de Chamonix à Annecy et retour; en venant de Chamonix vous pouvez quitter l’A40 à la sortie Bonneville/La Roche (sortie non pas gratuite mais déjà payée à Cluses) puis emprunter la RN 203 jusqu’à Annecy par le col d’Evires. Vous économisez sur un aller-retour 6,80€ de péage mais aussi 20km de trajet (89 contre 99), soit environ 10€ au total... Le temps de parcours est à peu près identique mais 10mn de plus c’est un gain de près de 60€ l’heure!!!

Jean-Paul TRICHET Vice-président ARSMB

Règlements à faire à l’ordre de ARSMB (Opération 6/10)
Maison de la Montagne Place de l’église 74400 Chamonix Mont-Blanc
 

27-Mar-2003 - Comité de suivi des tunnels, Aiton, le jeudi 27 mars 2003

Baptême du feu pour la nouvelle équipe qui s'est rendue au comité de suivi des tunnels qui se tenait à Aiton, en Savoie, une présentation du Modalohr, dernier fleuron du ferroutage, étant prévue.

Le dernier comité de suivi du 6 décembre s'étant prononcé unanimement contre la levée de l'alternat, et ayant constaté le peu de cas que faisait le gouvernement des avis de ce comité, le collectif des associations de la vallée a décidé de démissionner de cette instance devenue à nos yeux sans objet. Nous nous sommes rendus à cette réunion en car, dans lequel se trouvaient quatre personnes attendues au comité et une vingtaine de manifestants qui avaient l'intention, comme les autres fois, de déployer nos banderoles dans le calme. Quelle n'a pas été notre surprise d'être accueillis par un barrage des forces de l'ordre qui nous empêchaient d'accéder au parking! Il a fallu négocier ferme; encore une fois, on veut donner de nous une image d'éléments incontrôlés et perturbateurs, alors que nous n'avons à coeur que d'exercer notre citoyenneté. C'est scandaleux mais aussi révélateur de la justesse et de la légitimité de notre combat : si nous faisons si peur, c'est que nous nous attaquons à des problèmes délicats et peut-être peu défendables!

Notre nouveau président a donc eu la lourde tâche de signifier notre démission au président et aux membres du comité de suivi. Nous avons quitté la salle en signifiant toutefois que nous restions prêts à travailler le jour où on nous proposerai une véritable concertation et non un simulacre.
 

21-Mar-2003 - Assemblée générale du 21 mars 2003 et nouveau bureau

Une ovation a été faite à Georges Unia à son arrivée, c'était un moment fort de notre association. Nous avons tous pris ce soir-là la mesure du formidable travail qui a été mené au cours des six dernières années par Jean-Paul Trichet et Georges, avec la perspective de devoir les remplacer.

Une nouvelle équipe motivée, composée de militants très présents sur toutes les actions de l'ARSMB et souvent très au fait des dossiers en cours, s'est portée volontaire pour la relève. La barre est fixée haut! Nous aurons besoin de votre aide et aussi de votre indulgence dans les premiers temps.

Mercredi 26 mars 2003, le nouveau conseil d'administration s'est donc réuni afin d'élire un bureau. Voici la composition de cette nouvelle équipe :
président : Jean-Pierre Coméliau
vices présidents : Claude Pommier et Jean Martinetti
secrétaire : Michèle Pétetin
secrétaire adjoint : Gilles Pétetin
trésorière : Christine Mattel
trésorier adjoint : Bertrand Erny
membres du conseil d'administration : Yvonne Vuillaume, Patricia Juillard, Elisa Giacomotti, Christine Trappier, Thierry Rousset, Jean-Paul Trichet, Dominique Desbenoit et Gérard Decorps.

Quelles que soient les attributions des uns et des autres, nous avons l'intention de travailler de façon collégiale, entre nous et avec les militants (de l'ARSMB et des autres associations bien évidemment).
 

03-Mar-2003 - Grande manifestation du 03/03/03, NON à la levée de l'alternat!

Sous le soleil, comme à chaque manifestation que nous organisons, un millier de personnes avait fait le déplacement au fil de cet après-midi du 3 mars pour marquer leur ferme et définitive opposition à cette absurde politique des transports qui nous ramène, quatre ans après la catastrophe du tunnel, à la case départ. Cette pancarte vue dans la manifestation résumait à elle seule la situation:
"DES CAMIONS PARTOUT
DES MORTS ON S'EN FOUT
LE FRIC AVANT TOUT"

Les nombreux soutiens que nous avons reçus de toutes parts nous ont encore une fois prouvé la légitimité de notre combat. Les maires et des élus des trois communes de la vallée étaient comme toujours présents ainsi que le maire de Courmayeur et Eric Fournier, vice-président de la Région Rhône-Alpes. Outre le collectif d'associations de la vallée étaient représentés bien sûr nos amis Italiens, les associations de Maurienne ainsi que de plusieurs vallées du Jura et des Vosges, la Fnaut, ITE, Mountain Wilderness, ainsi que l'Association des Familles des Victimes. Nous avons également reçu des messages de soutien des associations Pyrénéennes que nous avions rencontrées lors de notre déplacement au Somport. Cette mobilisation nous permet une fois encore de constater la solidarité qui existe entre toutes ces associations, et nous renforce dans la conviction que c'est en conjuguant nos forces et nos compétences que nous pourrons gagner ce combat. Les Verts étaient largement représentés, notamment par leur secrétaire national Gilles Lemaire, et la LCR par la députée européenne Roselyne Vachetta.

Après les prises de paroles, les militants ont brûlé leurs cartes d'électeur et des pancartes retraçant les objectifs de notre lutte : environnement, sécurité, air pur… Ce fut un moment fort, émouvant, qui symbolisa tous nos espoirs déçus. Puis, le soir tombant, la pression policière se fit plus pesante. Avant le 25 juin, nous pouvions encore envisager nos confrontations avec les forces de l'ordre avec une certaine naïveté; maintenant, nous sommes sans illusions. Nous avons donc décidé de quitter les lieux avant de nous faire piéger dans la souricière, laissant le cable tendu l'après-midi barrer la route aux camions. Notre intention était de nous poster à la Vigie pour une résistance symbolique, en cédant la place dès les premières sommations; le "dispositif de sécurité" (quelle sécurité? pas la nôtre en tout cas...) était si important que nous avons dû renoncer à ce projet. Une compagnie de CRS en haut, un escadron de gardes mobiles en bas, et une cinquantaine de "blancs" dans le rôle de la tranche de jambon dans le sandwich... non merci. C'était apparemment le scénario prévu, et , résistance ou pas, nous y aurions eu droit. Nous nous sommes donc repliés sur Servoz, présence sur le pont et barbecue consolateur....

Mais qu'on ne s'y trompe pas! On n'a pas fini de voir nos combinaison blanches, ici et ailleurs! Nous ne pouvons pas avoir fait tout ce travail et baisser les bras maintenant. Nous vous tiendrons informés de nos prochaines actions.
 

12-Fev-2003 - L'ARSMB à Strasbourg

Mercredi 12 février 2003, une délégation de cinq personnes de l'ARSMB s'est rendue à Strasbourg au parlement européen, aux côtés d'autres associations de l'arc alpin, pour une action organisée par les Verts du Tyrol à l'occasion du vote du rapport Caveri, remettant en cause le principe des écopoints. Ce principe a été rejeté par une majorité de députés au motif de protéger toutes les régions de montagne et non pas un seul pays; nous avons pu constater aussi que l'idée de taxer le transport routier n'est pas encore accepté par les politiques et que de façon générale le processus de décision est très long. Nous espérions davantage de contacts avec les députés, toutefois ceux que nous avons pu rencontrer, ainsi que des attachés parlementaires, nous ont confirmé que le travail des associations est primordial car les politiques ont besoin de la pression populaire pour avancer sur des dossiers tels que l'environnement. Nous avons également pris connaissance du travail qui peut s'effectuer au niveau de l'Union Européenne : débats sur une proposition de directive de sécurité des tunnels routiers, sur la tarification des infrastrucures, sur la convention alpine, veiller à l'application des directives européennes en matière de pollution... les contacts que nous avons pris nous permettrons d'être à nouveau reçus et entendus si nous le souhaitons. Le rapport Caveri a bien entendu été adopté et la plupart des amendements rejetés, mais le nombre de députés ayant votés pour les amendements défavorisant le transport routier a été plus élevé que prévu. Cette action a été l'occasion pour les associations de se rencontrer, d'affirmer leur souhait d'union et d'actions coordonnées.
 

08-Fev-2003 - Aire de Passy : contrôle en dentelle

Une trentaine de militants des associations de la vallée s'est rendue sur l'aire de régulation de Passy samedi 8 février 2003, afin de comprendre comment se fait le contrôle des camions avant la montée au tunnel. L'interlocuteur du GEIE a répondu avec patience aux questions durant plus de deux heures; certaines de ses explications nous ont parues convaincantes, d'autres, beaucoup moins.

Lorsque l'on nous explique par exemple que les camions peuvent à tout moment être inspectés par les services des douanes afin de vérifier la nature des matières transportées, et que l'on constate que le parking des douanes n'est pas même déneigé, on a du mal à penser que ces vérifications soient faites assidûment. Mais, ce n'est pas de la faute du GEIE, c'est de la faute des douanes. Comme toujours, dès que nous mettons le doigt sur un problème, nos interlocuteurs se renvoient la balle.

On nous a expliqué comment est censée se dérouler la régulation des camions; il est certain qu'entre ce scénario théorique et la réalité que nous constatons sur le terrain, par exemple les mercredis à la vigie, il y a un fossé. En notre présence, une quarantaine de camions sont partis de l'aire de régulation et il n'ont pas eu trop des vingt à vingt-cinq minutes d'ouverture pour passer. Alors comment font-ils lorsqu'il y en 70 ou 80, voire 90 comme cela est déjà arrivé? Forcément, le cadencement et les distances de sécurité ne sont pas respectés. Et quid de la sécurité et des contrôles quand l'alternat sera supprimé, que les camions seront beaucoup plus nombreux et que la régulation ne se fera plus du tout?
 

17-Jan-2003 - Manifestation au Somport

Nous voilà de retour de la manifestation organisée en vallée d'Aspe à l'occasion de l'inauguration du tunnel du Somport… vallée magnifique, sauvage, qui mérite que l'on se batte pour lui conserver son caractère, où toutefois le combat se déroule dans un contexte tout à fait différent du nôtre. Nous sommes habitués à des actions où toutes les associations et les élus sont solidaires autour d'une même cause. Ce n'était pas le cas en vallée d'Aspe, loin s'en faut : certains veulent le ferroutage, d'autres ne veulent entendre parler ni de trains ni de camions, certains veulent des déviations pour contourner les villages, d'autres les refusent au motif qu'un aménagement routier drainera forcément des camions…

Tout le monde a raison, mais nous, au milieu de ces tendances divergeantes, avons parfois eu le sentiment d'être récupérés. Heureusement, Jean-Paul Trichet étant d'un côté, notre petit groupe de l'autre, nous avons finalement été présents partout, et dans la presse pyrénéennes du samedi on ne voyait que nos combinaisons blanches.
Lors de son intervention, Jean-Paul a expliqué qu'actuellement nous avons 3 exemples de développement des vallées de montagne.
La vallée d'Aspe, qui à, certes, besoin de développement, mais doit faire attention aux absences de contrôle et d'objectifs clairs.
La vallée de Chamonix, victime de son succès, où aujourd'hui l'équilibre est précaire car elle a du mal à resister au transit et à l'explosion du trafic.
La vallée de la Maurienne qui n'est devenue qu'un axe de passage au plus grand mépris des populations, dépossédées des enjeux économiques.
" A vous de choisir...", a-t-il conclu.
Finalement, les quelques griefs que nous pouvions nourrir à l'égard des organisateurs se sont dilués dans le Jurançon, excellent vin local…

La manifestation du samedi était heureusement unitaire et elle a rassemblé environ 500 personnes, ce qui pour une vallée qui compte 2500 habitants est plutôt bien. Laure a fait une intervention au nom des élus de la vallée de Chamonix et des associations, qui a été très applaudie. De nombreux habitants de la vallée sont venus nous remercier de notre présence et nous ont chargé de transmettre leurs encouragements pour notre combat. En résumé, nous avons découvert une vallée superbe (allez-y vite avant qu'elle ne soit définitivement bétonnée, car si le tunnel est fini, la route, elle, ne l'est pas!), peuplée de gens accueillants et combatifs (qui n'hésitent pas à sauter sur les tables pour s'adresser au député). Nous avons aussi pu constater les méfaits de la division dans les rangs des associations qui luttent pourtant dans le même sens. Gardons-nous en!
 

03-Jan-2003 - Manifestation à Courmayeur

Vendredi 3 janvier 2003, nous étions environ 300 personnes á la manifestation, encadrés par un dispositif policier impressionnant et vigilant, c'est le moins que l'on puisse dire. Il n'a pas été possible de déborder de la place pour envahir la route, et après quelques tentatives repoussées parfois "fermement", nous nous sommes consolés devant une assiette de pâtes, dans une ambiance très sympa qui nous a mis un peu de baume au coeur, en ces temps de suppression annoncée de l'alternat, d'ouverture du Somport et de marée noire…